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Covid-19 : la Tunisie rétablit le couvre-feu et interdit les rassemblements

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Le gouvernement tunisien a annoncé mercredi l’imposition d’un couvre-feu nocturne pendant au moins deux semaines. Le pays fait face à une reprise fulgurante de l’épidémie de Covid-19, mais l’opposition dénonce un prétexte pour empêcher les manifestations.

Les rues bientôt de nouveau désertes la nuit en Tunisie. Le gouvernement va réimposer un couvre-feu nocturne et interdire tous les rassemblements pendant deux semaines à partir de jeudi pour limiter la propagation rapide du Covid-19, a-t-il annoncé mercredi 12 janvier. Une mesure considérée par les opposants comme une tentative pour contrer les mouvements de protestation dans le pays.

Un prétexte politiquement motivé?

L’interdiction des rassemblements et la demande d’éviter les déplacements à l’intérieur du pays, sauf en cas d’urgence, interviennent deux jours avant une manifestation prévue contre le président tunisien Kaïs Saïed à l’appel des principaux partis politiques. En juillet, Kaïs Saïed a suspendu les travaux du Parlement et s’est arrogé l’ensemble des pouvoirs, ce que ses détracteurs qualifient de coup d’État.

La Tunisie avait déjà imposé un couvre-feu lors de la première vague de la pandémie en 2020 et pendant une grande partie de l’année dernière, mais l’a levé en septembre lorsque le nombre d’infections a diminué.

Le nouveau couvre-feu sera mis en place pour au moins deux semaines et s’appliquera de 22 heures à 5 heures du matin.

Au mépris des nouvelles restrictions, un responsable du principal parti d’opposition tunisien, Ennahda, Mohamed Goumani, a maintenu mercredi son appel à manifester vendredi dans la capitale Tunis.

Les dirigeants de deux partis qui s’étaient joints à l’appel aux protestations ont également accusé le gouvernement de rétablir les restrictions sanitaires pour des raisons politiques.

« Nous serons sur la rue de la Révolution pour protester peu importe le prix », a déclaré aux journalistes Ghazi Chaouachi, le chef du parti social-démocrate Attayar, qui détenait 22 des 217 sièges du Parlement suspendu, en faisant référence à l’avenue Habib Bourguiba à Tunis.

Le dirigeant du parti Joumhouri, Issam Chebbi, a déclaré pour sa part que ces mesures étaient destinées à « prévenir une vague de colère populaire à laquelle ils ne peuvent faire face qu’en invoquant la situation sanitaire ».

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Avec Reuters

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